La nouvelle ordonnance suisse sur les emballages partage de nombreux objectifs avec le règlement européen sur les emballages et les déchets d'emballages (PPWR), mais diffère en ce qui concerne les objectifs de recyclage, les obligations de déclaration, les systèmes de collecte et les responsabilités des producteurs.

Comment la loi suisse sur l'emballage se compare-t-elle au règlement européen sur les emballages et les déchets d'emballages (PPWR) ?

La nouvelle ordonnance suisse sur les emballages introduit un cadre qui partage de nombreux objectifs avec le règlement de l’Union européenne sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR), mais des différences importantes subsistent dans des domaines tels que les objectifs de recyclage, les obligations de déclaration et les responsabilités des producteurs.

Les deux systèmes visent à améliorer la circularité des emballages, réduire les déchets et augmenter l’utilisation de matériaux recyclables, mais ils suivent des approches réglementaires différentes.

L’ordonnance suisse sur les emballages (VerpV) remplace la législation introduite en 2000 et établit de nouvelles exigences pour les emballages mis sur le marché suisse. Bien que la Suisse ne fasse pas partie du système réglementaire de l’UE, ses règles mises à jour reflètent de nombreuses priorités similaires à celles du PPWR, notamment la conception pour le recyclage, l’efficacité des matériaux et l’amélioration des systèmes de récupération.

La Suisse et l’UE évoluent vers des règles sur les emballages qui évaluent non seulement le matériau lui-même, mais aussi son efficacité dans les systèmes réels de recyclage.

Exigences de conception des emballages

Selon la VerpV suisse, les détaillants et fabricants doivent s’assurer que les emballages préremplis fournis à partir du 1er janvier 2030 sont conçus pour la collecte, le traitement et le recyclage sans créer de barrières techniques ou économiques inutiles. Les entreprises doivent également minimiser le volume et le poids des emballages tout en respectant les exigences de sécurité et d’hygiène.

Les règles suisses exigent la plus grande proportion possible de plastique recyclé lorsque cela est techniquement et économiquement faisable. Les emballages contenant des substances préoccupantes identifiées dans l’ordonnance suisse sur les produits chimiques doivent également être évités, sauf si leur suppression compromettrait la fonctionnalité.

Cette approche est étroitement alignée avec le PPWR, qui exige que tous les emballages mis sur le marché de l’UE soient conçus pour le recyclage d’ici la même échéance de 2030. Le règlement européen introduit également des exigences minimales de contenu recyclé pour les emballages plastiques.

  • Bouteilles en plastique à usage unique : 30 % de contenu recyclé d’ici 2030 et 65 % d’ici 2040.
  • Emballages PET sensibles au contact non-bouteilles : 30 % d’ici 2030 et 50 % d’ici 2040.
  • Emballages sensibles au contact non-PET : 10 % d’ici 2030 et 65 % d’ici 2040.
  • Autres emballages plastiques : 35 % d’ici 2030 et 65 % d’ici 2040.

Le PPWR introduit également des règles de minimisation des emballages, interdisant les caractéristiques inutiles telles que les doubles parois ou les faux fonds lorsqu’elles augmentent artificiellement le volume de l’emballage. Ces restrictions s’appliqueront sauf exemptions spécifiques.

Les restrictions chimiques constituent un autre domaine d’alignement. L’Agence européenne des produits chimiques devrait évaluer les substances préoccupantes dans les emballages, tandis que le PPWR introduit des restrictions sur les PFAS au-delà de seuils définis à partir d’août 2026. Les organisations industrielles ont exprimé des préoccupations quant à la nécessité d’orientations plus claires avant la mise en œuvre de certaines exigences.

Obligations de collecte et de recyclage

La Suisse et l’UE accordent toutes deux une grande importance à l’amélioration des systèmes de collecte, bien que leurs approches diffèrent. Dans le cadre suisse, les cartons à boissons et les emballages plastiques à usage unique seront soumis à une obligation subsidiaire de reprise à partir de 2031.

Si les entreprises ne font pas partie d’une organisation industrielle responsable de la gestion de la récupération des emballages, elles doivent établir leur propre système de reprise et informer clairement les consommateurs des points de retour des emballages.

La Suisse exige que les emballages plastiques à usage unique atteignent un taux de récupération d’au moins 55 % d’ici 2032, tandis que les cartons à boissons doivent atteindre un taux de retour de 70 %. Les entreprises ne respectant pas ces obligations peuvent être tenues d’organiser elles-mêmes la collecte.

Le PPWR de l’UE adopte une approche différente en exigeant que les États membres mettent en place des systèmes de consigne pour certaines bouteilles en plastique à usage unique et contenants métalliques d’ici 2029. Ces systèmes doivent atteindre au moins 90 % de collecte séparée en poids chaque année.

Des exemptions peuvent être accordées aux pays dépassant déjà les performances de collecte requises ou présentant une stratégie d’amélioration approuvée.

La Suisse introduit également des frais anticipés pour certains emballages en verre à partir de 2028. Les fabricants et importateurs d’emballages en verre domestiques contribueront financièrement aux activités de collecte, tri et recyclage via une organisation désignée.

Déclaration et conformité

Les systèmes de déclaration dans les deux cadres diffèrent également de manière significative. En Suisse, les entreprises soumises aux frais anticipés sur le verre doivent déclarer le nombre d’unités d’emballage mises sur le marché ou importées tous les six mois. Les paiements sont ensuite calculés sur cette base.

Les frais collectés financeront la collecte, le transport, le tri, le traitement et le recyclage du verre. Une proportion limitée pourra également soutenir des campagnes d’information promouvant la réutilisation et la récupération des matériaux.

À partir de 2031, certains producteurs d’emballages à usage unique devront également soumettre des rapports électroniques annuels à l’Office fédéral de l’environnement suisse. Cette obligation s’applique aux entreprises dépassant certains seuils de chiffre d’affaires et de volume d’emballages.

Dans l’UE, l’une des exigences de conformité les plus importantes sera la déclaration de conformité. À partir du 12 août 2026, les emballages mis sur le marché de l’UE devront être accompagnés d’une déclaration juridiquement contraignante confirmant leur conformité aux exigences du PPWR.

La Commission européenne introduira d’autres règles de déclaration par actes délégués, les États membres devant fournir des statistiques détaillées sur les emballages mis sur le marché, les quantités recyclées, les performances de collecte et la capacité de recyclage.


    Plus d'informations(Federal Council of the Swiss Confederation)

    Mots-clés

    loi suisse sur l'emballage , PPWR , réglementation sur l'emballage , objectifs de recyclage , économie circulaire

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